Exposition « Et si le jardin… »

4 juin 2026 Non Par admin7085

Après une année de pratique artistique questionnant les émotions et les masques, les élèves de l’atelier ont poursuivi l’ouvrage au jardin durant l’année scolaire 2025-2026. Ils proposent ici quatre créations plastiques différentes pour s’exprimer à partir de cette florissante thématique qu’est celle du jardin.

Le sujet du jardin est présent dans toutes les civilisations et a traversé l’histoire de l’antiquité à nos jours. Il stimule tout type de créateurs, de l’auteur à l’artiste plasticien en passant par le musicien et l’architecte. Les références foisonnent ! On songe aux innombrables représentations des jardins : -les merveilleuses Fresques antiques du jardin de la villa de Livia à Rome, –l’énigmatique Dame à la Licorne, cette extraordinaire tenture de la Renaissance composée de six tapisseries Millefleur qui décrivent six jardins clos. Le jardin peut être aussi en lui-même un support de création autonome. Claude MONET en vient à composer son jardin de Giverny – espace tridimensionnel à sa disposition – à la manière une représentation picturale. Le jardin n’est pas uniquement un motif, il est un espace à investir pour de nombreux artistes, comme ceux du Land-art, tel Nils UDO avec Volcan dans les Jardins de Chaumont-sur-Loire.

Au collège, nous avons la chance d’avoir des jardins intérieurs et extérieurs. Depuis six ans, il est évident de s’y ancrer par divers moyens. Nous avons là une occasion de nous interroger sur notre rapport à la nature – plus spécifiquement au végétal – au rythme des saisons :

– Qu’est-ce qu’un jardin intérieur dans un collège ?

– Quelles places pour le végétal et l’animal dans l’architecture ?

– Comment créer des liens entre les arts plastiques et le végétal ?

– Quelle peut-être la place de l’artifice dans ce jardin en attendant que « ça pousse » ?

– Comment cela entraîne un questionnement sur la relation entre extérieur et intérieur ?

– Comment profiter de ces espaces de verdure et de respiration ?

Les élèves brodent l’ouvrage en utilisant des matériaux de récupération locaux et en laissant une grande part à l’imaginaire. Ils proposent une réflexion et utilisent des techniques, des supports, des outils, des matériaux variés selon leurs envies et intentions. Cela implique des gestes opérationnels adaptés et très variés pour produire des effets et charmer le spectateur.

Merci aux élèves de l’atelier arts plastiques : Manon, Ines, Nicole, Eloïse, Cassandre, Nihal, Fayza, Pablo, Carolina, Nourssine et, occasionnellement, Maria et Mohamed pour leur investissement régulier, leur créativité et leur enthousiasme déployés durant toute l’année pendant cette heure de travail partagée, qui s’ajoute dans leur emploi du temps. Merci aussi à Monsieur Roger LOUIS-STANISLAS pour le prêt de ses outils et matériaux, pour ses conseils techniques et ses encouragements.


Un petit sous-bois dans le jardin. Installation in situ.

Branches de saule tortueux, copeaux de bois broyés provenant des déchets verts du jardin du collège, modelages de feuilles en céramique (terre cuite à 1120 °C), engobes d’oxydes, rehauts à la peinture. Suite à la taille des arbres des espaces verts du collège, nous avons récupéré les branches des saules tortueux. Des petits plots réalisés en béton servent de supports et permettent de constituer une petite forêt de belles branches aux lignes ondoyantes recouvertes de lichens colorés.Les modelages en terre cuite et colorée viennent s’accrocher aux branches pour les animer de façon très subtile par les tonalités employées.


Le jardin des simples ou le grand herbier bleu.

Cyanotypes ou dessins avec la lumière.

Nous avons collecté les végétaux qui nous entourent, à la manière des botanistes qui les observent ou des amateurs qui réalisent leurs herbiers pour le plaisir de les conserver dans des sous-verres ou encadrés. Ces multiples feuilles et fleurs (arbousier, érable, graminée…) ont pu servir pour la réalisation des cyanotypes qui constituent ce grand herbier bleu ainsi installé dans l’espace du jardin clos du collège. Ce travail évoque les herbiers qui présentent des collectes de végétaux pressés et séchés. Ici les végétaux sont capturés et révélés par la technique de la photographie par contact.

Nous ne voyons plus que la trace du végétal qui a ensuite disparu.

Les cyanotypes sont présentés comme des étiquettes dans les jardins des simples, où l’on cultive des plantes médicinales, dont les identités sont signalées par des petits panneaux.


Le jardin, la nuit.

Dessin avec du fil à broder et laines colorés, carton, grande composition à la peinture

acrylique. Les élèves ont dessiné avec du fil des créatures imaginaires, des hybrides issus de la rencontre de diverses espèces animales et végétales. Comme évoqué dans le travail préparatoire, le thème de la créature fantastique est riche dans l’histoire de l’art. Ici, ces petits êtres chimériques prennent place dans l’évocation en deux dimensions d’une grotte recouverte de liane.


Les êtres chimériques du jardin

Projets préparatoires : crayons à papier, crayons de couleurs, feutres, aiguilles à coudre.

Dans l’histoire de l’art, le thème de la créature fantastique est riche.